SENTIMENT ÉTRANGE

Lundi la direction nous a annoncé que l’usine resterait ouverte cette semaine malgré le confinement général et la fermeture d’autres sites industriels dans la région. Puis, qu'on chômerait… la semaine prochaine, parce qu’il n’y a pas beaucoup de travail en ce moment.

 

LA FONDERIE A L’ARRÊT

La Fonderie a beau être sur le site du Breuil, c'est Framatome l'exploitant. Comme Framatome était à l'arrêt dès lundi à cause du virus cette partie de l'usine n'a pas tourné.

 

CSE

Lundi toujours, la direction a tenu un CSE pour essayer de s'organiser face aux événements.

Après cette réunion, elle a annoncé la mise en place d'un Plan de Continuité d'Activité. L'objectif de ce plan est de permettre la poursuite de l'activité. Des mesures d'hygiènes ont été organisées dans l'usine et le recours au télétravail pour ceux qui le peuvent a été mis en place. La direction a également élaboré un plan pour gérer l'entreprise en cas d'une forte augmentation de l'absentéisme. Et enfin, elle s'est organisé pour le cas où elle se retrouverait dans l'incapacité de poursuivre l'activité.

 

ON SE PROTÈGE

À l'usine il n'y a pas de masque, pas de gel et pas de protection spéciale. Alors, étant donné qu'on est tous les uns sur les autres on se protège. On fait attention de ne pas se croiser de trop près lorsque c'est possible, et exceptionnellement on ne se sert pas la main.

 

PAUSES EN DÉCALÉ

Pour éviter qu'on s'entasse pendant la pause, la direction a mis en place des pauses en décalé du côté de IMCG.

On s'est organisé et on a pris notre mal en patience.

 

MARDI, LE DOUTE

Mardi, l'usine tournait encore. La direction disait qu'il fallait attendre les déclarations de Macron.

Dans l'usine l'ambiance était particulière. On était inquiet. Plusieurs d'entre nous nous demandions pourquoi la direction n'arrêtait pas la production surtout qu'il n'y avait pas beaucoup de travail. D’un autre côté, arrêter l’usine pourrait avoir des conséquences économiques qui ne sont pas rassurantes non plus. Mais lorsque les collègues de la Tôlerie ont exercé leur droit de retrait cela paraissait raisonnable.

 

FERMETURE DE L'USINE

Mercredi, la direction a finalement annoncé que nous cessions le travail le midi. Pour beaucoup ça a été un soulagement.

 

COMMUNIQUÉ

La direction a fait passer un communiqué dans la presse.

Dedans elle annonce qu'elle cherche à concilier deux objectifs, assurer la santé des salariés et assurer les livraisons de marchandises. Ce qui veut dire qu'elle veut trouver une solution pour maintenir la production.

Elle écrit dans son communiqué que si elle arrête c'est parce que l'absentéisme est devenu trop grand et qu'elle ne peut plus assurer la production. Elle annonce qu'elle fait son possible pour que l'usine soit apte à une reprise du travail dès le lundi 23, certains collègues sont déjà employés à la préparation de l'usine.

 

LA POLICE A LA SORTIE DE L'USINE

Mercredi après-midi la police était à la sortie de l'usine au niveau du parking poids lourd. Dans cette zone, il n’y a que nous qui allons et venons du travail. Mais la police a quand même demandé à voir les attestations de certains qui venait de franchir la grille.

Ça ne pouvait qu’être une opération pour montrer qu’il y a maintenant des contrôles.

 

FERMETURE IMCG

À IMCG on a fini plus tard. Certains collègues, sont restés faire le poste du mercredi après-midi en effectif réduit.

 

LE TRAVAIL PAS À L’ARRÊT PARTOUT

À TMS, certains ont été rappelés pour venir jeudi pour préparer les locaux alors que l’usine est « fermée ». L'usine est en train d'être décontaminée et la direction veut la préparer à reprendre dans des « conditions sanitaires conformes aux recommandations » et continue à le faire faire coûte que coûte.

Pendant qu’on y était il y a eu du parachèvement à faire. On était moins nombreux mais à part ça le travail a continué comme d’habitude.

 

VERS UN NOUVEAU DROIT DE RETRAIT ?

La CGT a fait un communiqué de presse pour dénoncer le fait que la direction prévoit de faire reprendre le travail le lundi 23 mars, elle demande une fermeture de 15 jours minimum. Elle menace de relancer l'appel au droit de retrait si l'activité redémarre.

La direction a elle-même dit que si le travail s'est arrêté mercredi c'est parce que l'absentéisme était devenu trop important pour continuer l'activité. Si nous jugeons que le moment n'est pas venu de reprendre le travail, nous avons une nouvelle fois la possibilité de décider de ne pas travailler.